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Puits de carbone marins : Les Huîtres de Polynésie, futures stars de la compensation carbone bleu ?

Puits de carbone marins : Les Huîtres de Polynésie, futures stars de la compensation carbone bleu ?

Selon une étude publiée dans la prestigieuse revue PNAS https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2504004122   , les fermes d'huîtres ne polluent pas : elles fonctionnent comme de véritables pompes à carbone naturelles, capables de piéger 2,4 fois plus de CO₂ qu'elles n'en émettent !

 

Si la formation de la coquille libère un peu de carbone, la filtration des mollusques et la photosynthèse des microalgues environnantes compensent largement ce phénomène en stockant durablement le carbone au fond de l'eau.

 

Et pour la Polynésie française ? Cela change tout ! En plein cœur des Tuamotu et des Gambier, nos fermes perlicoles ne produisent pas seulement les plus belles perles “noires” de culture du monde. L'élevage de la nacre (Pinctada margaritifera) devient un bouclier écologique important :


1-  En rendant l'eau plus alcaline, cela lutte localement contre l'acidification des lagons et protège nos récifs coralliens.


2 -  cela ouvre peut-être la voie aux crédits carbone bleu, une opportunité de financement vert pour soutenir nos perliculteurs face aux défis climatiques, et leur permettre de bien recycler leurs déchets plastiques.

Même si la recherche (notamment l'Ifremer) appelle à approfondir ces mesures au fil des saisons, l'avenir de l'or bleu de nos îles s'annonce résolument vert !

 

 

Résumé de l’étude :

Cette étude scientifique, publiée en septembre 2025 dans la revue PNAS, démontre que l'ostréiculture (l'élevage des huîtres) constitue une solution naturelle majeure pour capter le CO2 atmosphérique et lutter contre le changement climatique. Les chercheurs prouvent que la production biologique induite par les huîtres séquestre 2,39 fois plus de carbone que la seule quantité récoltée lors de la formation de leur coquille.

 Le contexte et le débat scientifique

Jusqu'à présent, le rôle des fermes de bivalves (huîtres, moules, etc.) dans l'atténuation du climat restait controversé. Si la formation de leur coquille stocke durablement du carbone, le processus chimique de calcification et la respiration des mollusques rejettent simultanément du CO2 dans l'eau. Pour cette raison, l'aquaculture était souvent exclue des mécanismes officiels de compensation carbone ("carbone bleu").

La méthode et les résultats clés

Pour clore ce débat, les scientifiques ont recréé des écosystèmes contrôlés (mésocosmes) en mer afin de mesurer l'intégralité des flux de carbone générés par l'huître du Pacifique (Crassostrea gigas).

• L'effet "Pompe Biologique" : L'alimentation par filtration des huîtres stimule la production de carbone organique dissous et particulaire, tout en accélérant le dépôt de ce carbone dans les sédiments marins.

• Un milieu plus alcalin : Contrairement aux craintes d'une acidification locale, l'activité globale de l'écosystème ostréicole bascule l'eau vers un état plus autotrophe et alcalin (basique), ce qui augmente naturellement sa capacité à absorber le CO2 de l'air.

• L'importance de la densité d'élevage : L'étude montre qu'une densité modérée optimise la séquestration du carbone. En revanche, une surpopulation d'huîtres (surstockage) épuise le phytoplancton et réduit l'efficacité de cette capture.

 Portée globale et conclusion

Les données satellites recueillies sur deux des plus grandes fermes ostréicoles de Chine confirment ces observations à grande échelle. Les auteurs estiment que l'ostréiculture offre un double bénéfice indispensable : elle renforce la sécurité alimentaire mondiale tout en agissant comme un puits de carbone évolutif pour atténuer l'acidification des océans. Ils plaident donc pour l'intégration officielle de l'élevage de bivalves dans les marchés mondiaux du carbone.